dimanche 15 mars 2026

Un dimanche en famille


Et puis surprise ! La famille Argence est arrivée pour me rejoindre alors que je faisais des mots fléchés dans le jardin. Les enfants ne sont pas autorisés à l'intérieur de l'hôpital. Mais pouvaient me voir dehors 


Ils étaient venus de St Maur en vélo en 1heure et demie. 


Pour ma plus grande joie 

                                               Nous avons goûté de chouquettes 
                                               Et j'ai apprécié les câlins . 
                       Avant qu'ils ne reprennent  en famille leur longue promenade 

            
                        Lucas s'est chargé de me ramener jusqu'aux ascenseurs à vive 
                      allure me simplifiant ben la vie . Merci Lucas

L'Olivier

 J'avais demandé une permission de sortie pour ce dimanche et ai pu ainsi inviter Marine Maria Lila à l'Olivier au 68 rue de Picpus , un restaurant marocain réputé, situé à quelques "àà m seulement de l'hôpital  


Tajine pour Marine. Couscous végétarien pour Lila . Couscous aux merguez pour Maria et couscous d'agneau pour moi. Un plat de frites à partager . Et 1/4 de vin , enfin !  Un régal ,va sans dire, après 2 mois et demi de cantine hospitalière . J'ai pu voir que je n'avais pas perdu le sens du goût, comme je l'avais parfois cru, et je me suis régalée .



                       Un accueil charmant . Une addition correcte . Une adresse à garder en tête :

                                  L'OLIVIER      68 RUE DE PICPUS     01 46 28 83 71

Cent jours plus tard :point de chute


 Je ne dirais pas que j'ai changé, car il y a des années qu'en fait je me sens être dans ce processus  de détachement  de moi-même, mais  ces mois qui ont suivi cette chute du 5 décembre m'ont rendue consciente que j'avais emprunté le chemin du retour,  que j'allais bientôt  rentrer à la maison.

  Ce jour-là, j'étais au comble de la joie. J'écrivais mes mémoires en anglais . Je vivais une sorte d'état de grâce, comme le plus souvent quand je suis en Inde,  je lévitais en quelque sorte en survolant ma vie . Je réalisais que je redevenais, que j'étais redevenue, cette jeune personne à qui j'avais promis de ne pas me fondre dans la masse. J'avais gardé, derrière  bien des chagrins infligés,  une âme d'enfant, une forme de pétulance, de curiosité bienveillante, d'enthousiasme pour la vie, et je m'étais dit ce matin-là, que la " petite Anne" en moi, je ne l'avais pas trahie.

Mon enfance et mon adolescence n'ont pas été heureuses. Je les ai vécues en numéro de casiers de  consigne , un peu comme si mes parents m'avaient oubliée et m'avaient laissée enfermée dans différentes gares, qu'elles aient pour nom : nourrice, colonie de vacances, pension catholique, lycée ou grand-tantes paysannes, et je m'émerveillais  de m'être débrouillée pour  avoir déniché, malgré tout, un double de leurs clés : je m'en étais sortie. J'ai vite compris que ce ne sont jamais les événements qui causent nos souffrances, mais l'interprétation que nous en faisons. Foi en l'Univers, confiance, positivité, j'm'en foutisme, résilience, authenticité: les outils ne m'ont pas manqué. 

J'étais si fière de mon parcours , si reconnaissante de l'endroit où la vie m'avait finalement menée ! 

Un grand amour m'avait sauvée . Une volonté d'Aimer "sans retour," envers et contre tout et tous en ne comptant que sur moi-même, m'avait offert une direction,  m'avait forgé une sorte de mission.   J'avais fait de cette petite vie de rien, un destin ! L'ayant bien mérité, je suis allé me faire masser....


Et puis je suis tombée . Sur une marche en pierre d'abord, puis de l'autre côté !  Du côté de mon âge, avancé, des hospitalisations, des interventions, de la rééducation... 

Mais j'ai vite vu qu'épuisée comme j'ai été, je ne pouvais,  ni écrire, ni  lire, ni  créer , ni  penser 

Et j'ai bien fait de ne pas lutter car durant ces 6 premières  semaines, vécues en zombie presque,  que ce soit   pour cause d'anémie, de malnutrition, de transfusions et de  réactions aux nombreux antibiotiques censés combattre les nombreuses infections, j'ai vite compris l'opportunité que j'avais de me désentitifier consciemment ,  de sortir de moi-même,  de prendre la porte de sortie et de considérer désormais  la vieillesse comme ma meilleure amie .

Et j'ai bien fait de n'en rien penser, car quand les forces sont un peu revenues, j'étais comme décapée,  récurée.  Il n'y avait plus matière à penser. Ce que j'avais perdu dans la forme, je l'avais gagné en conscience . J'étais vivante. Point Barre. Rien à prouver, rien à cirer. Aujourd'hui je n'ai à m'occuper que de ma vie intérieure, ayant clairement vu que ma vie extérieure avait changé de forme dans le temps et cette incarnation n'était,  à part le service qu'elle m'a permis de rendre, qu'une expérience parmi  tant  d'autres. Or il se trouve que ma vie intérieure est tapissée de tendresse, moquettée de sagesse,et ne connaît aucun des stress que s'invente l'Ego.  Tout y est comme il faut ; juste parfait ! Je m'y fais.


 Lorsque je faillis mourir en 1992 en défiant le One Man Path de la falaise Slieve League dans le Donegal , je me souviens avoir pensé et dit à haute voix, alors que ma vie ne tenait qu'à une touffe de bruyère à laquelle s'accrochaient mes doigts  alors que l'océan  grondait 601 mètres  plus bas:
 "Merci pour ce qui à été et si je  dois survivre : Oui à tout ce qui est et sera " 
Mais cette fois, quand j'ai peu à peu émergé de cette torpeur, le Merci ne venait plus du mental ; il était ancré dans les cellules. Il allait de Soi . Ni peurs, ni regrets. Je débarquais dans le même état de grâce que ce matin-là à Goa, sauf que ce n'était plus moi ! Je vois encore ma vie réussie, significative, sauf que ça ne me concerne plus.


Je me suis sentie,  je me suis vécue désidentifiée. 
Il n'y aura pas de demi-tour. Je sais où est ma vraie demeure. Béni soit le faux pas ! Je n'ai plus d'endroit et pourtant je rentre enfin chez moi. La mort m'est familière ; je l'attends, je me sens prête à tout moment, mais  je ne suis pas non plus pressée. Ce qui sera sera . Tout m'ira. Je me suis maintenant engagée à devenir, chaque jour de plus en plus, joyeuse, légère et libre.  De plus en plus Amour.  À faire de cette inéluctable  vieillesse du corps, une affaire de cœur , un réceptacle de la lumière de l'Âme.  De retomber en enfance dignement. Et cette enfance-là sera douce et heureuse. Quoi qu'il advienne.Car tout m'est devenu égal au sens  de l'équanimité .  Je n'ai  plus qu'à devenir de plus en plus radieuse pour offrir à qui ça peut aider  un peu de cette lumière dont la Vie , en 83 ans d'expériences, m'a abreuvée. 
Quelques personnes, ici, en ce moment, me complimentent sur ma gaieté,  ma sérénité, ma beauté toute frippée. Encore heureux après tout ce temps !  Je sais que ça vient de ce chamboulement. De ce revirement . Qui m'est permis parce que tout au long de ces décennies,  le travail de détachement pour lequel j'étais ici a été accompli.   Cesse de ruminer petit Taureau de pacotille , sinon gare aux banderilles .


samedi 14 mars 2026

Un festival






 Et voilà que, par la fenêtre, j'ai vu défiler le carnaval des nuages, qui avaient, pour l'occasion, revêtu leurs plus beaux atours . Des nuées colorées s'étaient  amoncelées et n'ont fait que passer.


vendredi 13 mars 2026

" Des fous ! "


 

Maître spirituel Eckhart Tolle : Dans l’un de ses livres, Carl Gustav Jung rapporte une conversation qu’il avait eue avec un chef amérindien.

( QUE CHERCHENT-ILS ? )
  • Dans l’un de ses livres, Carl Gustav Jung rapporte une conversation qu’il avait eue avec un chef amérindien lui soulignant que, de son point de vue, la plupart des Blancs ont le visage tendu, le regard fixe et un comportement cruel. Ce chef indien disait ceci : « Ils sont toujours en train de chercher quelque chose. Mais quoi ? Les Blancs désirent constamment quelque chose. Ils sont sans cesse troublés et agités. Nous ne savons pas ce qu’ils veulent. Pour nous, ce sont des fous. »
  • Bien entendu, ce courant sous-jacent de malaise constant a débuté longtemps avant l’avènement de la civilisation industrielle occidentale. Mais dans la civilisation occidentale, qui s’étend à présent sur presque la totalité du globe, y compris la majeure partie de l’Orient, ce malaise se manifeste avec une acuité sans précédent. Il existait déjà à l’époque de Jésus, et six cents ans plus tôt, au temps de Bouddha, et bien avant encore. « Pourquoi êtes-vous toujours anxieux ? » demandait Jésus à ses disciples. « Une pensée anxieuse peut-elle ajouter un seul jour à votre vie ? » Et Bouddha enseignait que toute souffrance provient de nos besoins maladifs constants et de nos désirs.
  • En tant que dysfonctionnement collectif, la résistance au présent est intrinsèquement reliée à notre perte de conscience de l’Être, et c’est elle qui constitue le fondement de notre civilisation industrielle déshumanisée. À propos, Freud a lui aussi reconnu l’existence de ce malaise sous-jacent et en a parlé dans son livre Malaise dans la civilisation, sans toutefois en reconnaître la racine véritable ni réaliser qu’il était possible de s’en libérer. Ce dysfonctionnement collectif a engendré une civilisation très tourmentée et extraordinairement violente qui est devenue une menace non seulement pour elle-même, mais aussi pour toute vie sur la planète.
( Le Pouvoir du moment présent P : 73-74 )

La quiétude


 

Maître spirituel Eckhart Tolle : La quiétude.
  • Il a déjà été dit que la quiétude est le langage de Dieu et que toute interprétation autre est fausse. C’est en fait un terme pouvant remplacer celui de paix. Quand nous devenons conscient de la quiétude dans notre vie, nous sommes reliés à la dimension intemporelle et sans forme en nous, à ce qui est au-delà de la pensée, au-delà de l’ego. Il peut s’agir de la quiétude où baigne le monde de la nature ou de la quiétude dans votre chambre aux petites heures du matin, ou encore du silence entre les mots. La quiétude n’a pas de forme. C’est pour cette raison que nous ne pouvons en devenir conscient par la pensée, puisque la pensée est forme. Quand on est conscient de la quiétude, c’est qu’on est quiet. Et être quiet, c’est être conscient sans pensée. Vous n’êtes jamais plus essentiellement vous-même, plus profondément, que lorsque vous êtes dans cet état. En fait, vous êtes qui vous étiez avant de prendre cette forme physique et mentale, que l’on appelle une personne. Vous êtes aussi qui vous serez une fois que la forme se sera dissoute. Lorsque vous êtes dans la quiétude, vous êtes qui vous êtes au-delà de votre existence temporelle, c’est-à-dire vous êtes la conscience sans forme, non conditionnée et éternelle.
( Nouvelle Terre P : 216-217 )



Un chialeur parmi tant d'autres

 On est très (très) heureuses de vous annoncer que @nemo sera le premier invité du Club des chialeuses, jeudi 19 mars au @cinemalebrady 🥹 Bvd de Strasbourg 

Il a choisi de vous montrer l’époustouflant premier film de Benh Zeitlin : "Les bêtes du Sud Sauvage " qui lui arracha tant de larmes