Et puis surprise ! La famille Argence est arrivée pour me rejoindre alors que je faisais des mots fléchés dans le jardin. Les enfants ne sont pas autorisés à l'intérieur de l'hôpital. Mais pouvaient me voir dehors
Nous avons goûté de chouquettes
Cool Reflexions from a cool Granny living in a cool country the Djwaal Khool way
Et puis surprise ! La famille Argence est arrivée pour me rejoindre alors que je faisais des mots fléchés dans le jardin. Les enfants ne sont pas autorisés à l'intérieur de l'hôpital. Mais pouvaient me voir dehors
J'avais demandé une permission de sortie pour ce dimanche et ai pu ainsi inviter Marine Maria Lila à l'Olivier au 68 rue de Picpus , un restaurant marocain réputé, situé à quelques "àà m seulement de l'hôpital
Tajine pour Marine. Couscous végétarien pour Lila . Couscous aux merguez pour Maria et couscous d'agneau pour moi. Un plat de frites à partager . Et 1/4 de vin , enfin ! Un régal ,va sans dire, après 2 mois et demi de cantine hospitalière . J'ai pu voir que je n'avais pas perdu le sens du goût, comme je l'avais parfois cru, et je me suis régalée .
Un accueil charmant . Une addition correcte . Une adresse à garder en tête :
L'OLIVIER 68 RUE DE PICPUS 01 46 28 83 71
Ce jour-là, j'étais au comble de la joie. J'écrivais mes mémoires en anglais . Je vivais une sorte d'état de grâce, comme le plus souvent quand je suis en Inde, je lévitais en quelque sorte en survolant ma vie . Je réalisais que je redevenais, que j'étais redevenue, cette jeune personne à qui j'avais promis de ne pas me fondre dans la masse. J'avais gardé, derrière bien des chagrins infligés, une âme d'enfant, une forme de pétulance, de curiosité bienveillante, d'enthousiasme pour la vie, et je m'étais dit ce matin-là, que la " petite Anne" en moi, je ne l'avais pas trahie.
Mon enfance et mon adolescence n'ont pas été heureuses. Je les ai vécues en numéro de casiers de consigne , un peu comme si mes parents m'avaient oubliée et m'avaient laissée enfermée dans différentes gares, qu'elles aient pour nom : nourrice, colonie de vacances, pension catholique, lycée ou grand-tantes paysannes, et je m'émerveillais de m'être débrouillée pour avoir déniché, malgré tout, un double de leurs clés : je m'en étais sortie. J'ai vite compris que ce ne sont jamais les événements qui causent nos souffrances, mais l'interprétation que nous en faisons. Foi en l'Univers, confiance, positivité, j'm'en foutisme, résilience, authenticité: les outils ne m'ont pas manqué.
J'étais si fière de mon parcours , si reconnaissante de l'endroit où la vie m'avait finalement menée !
Un grand amour m'avait sauvée . Une volonté d'Aimer "sans retour," envers et contre tout et tous en ne comptant que sur moi-même, m'avait offert une direction, m'avait forgé une sorte de mission. J'avais fait de cette petite vie de rien, un destin ! L'ayant bien mérité, je suis allé me faire masser....
Mais j'ai vite vu qu'épuisée comme j'ai été, je ne pouvais, ni écrire, ni lire, ni créer , ni penser
Et j'ai bien fait de ne pas lutter car durant ces 6 premières semaines, vécues en zombie presque, que ce soit pour cause d'anémie, de malnutrition, de transfusions et de réactions aux nombreux antibiotiques censés combattre les nombreuses infections, j'ai vite compris l'opportunité que j'avais de me désentitifier consciemment , de sortir de moi-même, de prendre la porte de sortie et de considérer désormais la vieillesse comme ma meilleure amie .
Et j'ai bien fait de n'en rien penser, car quand les forces sont un peu revenues, j'étais comme décapée, récurée. Il n'y avait plus matière à penser. Ce que j'avais perdu dans la forme, je l'avais gagné en conscience . J'étais vivante. Point Barre. Rien à prouver, rien à cirer. Aujourd'hui je n'ai à m'occuper que de ma vie intérieure, ayant clairement vu que ma vie extérieure avait changé de forme dans le temps et cette incarnation n'était, à part le service qu'elle m'a permis de rendre, qu'une expérience parmi tant d'autres. Or il se trouve que ma vie intérieure est tapissée de tendresse, moquettée de sagesse,et ne connaît aucun des stress que s'invente l'Ego. Tout y est comme il faut ; juste parfait ! Je m'y fais.
On est très (très) heureuses de vous annoncer que @nemo sera le premier invité du Club des chialeuses, jeudi 19 mars au @cinemalebrady 🥹 Bvd de Strasbourg
Il a choisi de vous montrer l’époustouflant premier film de Benh Zeitlin : "Les bêtes du Sud Sauvage " qui lui arracha tant de larmes