dimanche 2 août 2026

Fiacra O'Reagan



 Les musiciens vont être contents. Ses fans dont je suis aussi !  Fiacra est de retour en Irlande et nous pourrons l'entendre samedi 8 août chez Mullarkey's à Clifden . 

samedi 1 août 2026

Ceci est un coeur brisé

Il existe une maladie qui porte un nom magnifique et terrible : le syndrome du tako-tsubo.
On l'appelle aussi, plus simplement, le syndrome du cœur brisé.
Il survient après un choc émotionnel intense, un deuil, une rupture, une perte insoutenable. Le cœur, littéralement, se déforme. Il prend la forme d'un vase japonais utilisé pour piéger les poulpes, le tako-tsubo. Les symptômes ressemblent à ceux d'un infarctus.
Ce n'est pas une image, pas une métaphore de poète : le chagrin peut réellement blesser le cœur, physiquement. Cette découverte me bouleverse. Parce qu'elle confirme ce que l'humanité sait depuis toujours, sans avoir eu besoin de la science pour le prouver : le cœur brisé n'est pas une façon de parler. La douleur d'aimer et de perdre est réelle, inscrite dans notre chair. Nos corps « savent » le chagrin.
Et pourtant, il existe un proverbe d’Europe de l’Est que j’adore et qui dit une chose vertigineuse : « rien n'est plus entier qu'un cœur brisé ». Arrêtons-nous sur ce paradoxe.
Comment ce qui est brisé pourrait-il être entier ? Comment la blessure pourrait-elle être une forme de plénitude ? Peut-être parce qu'un cœur qui n'a jamais été brisé est un cœur qui n'a jamais vraiment aimé. Qui s'est protégé, tenu à distance, gardé intact en refusant de se donner. Le cœur brisé, lui, porte la preuve qu'il s'est engagé pleinement. Qu'il a osé aimer sans garantie, se lier sans filet, s'exposer à la perte. Sa brisure est la trace de sa générosité. Le cœur brisé, lui, s'est ouvert. Et par cette ouverture peuvent enfin circuler la compassion, la profondeur, la capacité de comprendre la douleur des autres.
On comprend souvent plus après avoir eu le cœur en miette.
Alors peut-être ne faut-il pas fuir à tout prix les brisures du cœur. Il ne s’agit pas de les rechercher, la douleur n'est pas une fin en soi. Mais cesser d'y voir seulement une défaite. Elles sont aussi la preuve que nous avons vécu, aimé, osé. Je nous souhaite des cœurs capables de se briser, et capables de continuer à aimer.
Marie ROBERT
Posté par Maela Paul
Le coeur a été ramassé sur ma plage, à Ballyconneely, en irlande